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Vous apprendrez à me connaitre au gré de mes humeurs, de mes découvertes, de mes rencontres, à travers les morceaux choisis de ma mémoire ou d'ailleurs que je coucherai sur mon écran au fil des jours. Pourquoi j'ai choisi d'écrire ? pour faire prendre l'air à mes idées. Comme avec le train, l'avion, le bus, ou encore le livre, la musique ou le bon vin... Le véhicule est le même, il peut vous mener de l'espagne au yang-tse-kiang en passant par la Bourboule.... Bienvenue a tous.

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Mercredi folle journée

Mercredi-folle-journee.jpgMercredi, c'est le jour des enfants. Et des enfants j'en ai 3. Aujourd'hui, c'est Roxanne ma fille, mon ainée qui est mise à l'honneur. Elle doit se rendre à l'hôpital pour faire enlever son plâtre et vérifier que le poignet est bien réparé. Je commence ma journée par un aller et retour à Paris avec Mike Oldfield(il faudra que je vous en parle un jour aussi de celui la, il fait des trucs épatants). Ma réunion se termine à 12h30, parfait, juste le temps de rentrer, sandwich dans une main, volant dans l'autre et être à l'heure pour accompagner ma petite troupe aux urgences.

J'arrive à 14h15, j'installe mon tout petit dans la voiture, chacun prend sa place dans le bolide et nous fonçons vers Harfleur. Pas le temps de regarder l'or du soir qui tombe ou les voile au loin qui descendent avec le père Hugo, non on fonce car pour être à l'heure nous devons arriver au rendez vous fixé à 14h45. Nous sommes attendus aux urgences. Qui dit urgences dit salle pleine de gens qui attendent qu'on s'occupe d'eux avec des problèmes plus ou moins grave, et un médecin qui passe de temps en temps furtivement pour donner ses consignes aux infirmières toutes disposées à recoudre, platrer ou penser. Et en effet, la situation ne fait pas mentir le vieil adage. La salle est comble. 
Chacun semble en pleine possession de ses moyen, aucune plaie apparente, mais à chaque nom prononcé du bout du couloir qui jouxte la salle d'attente, on mesure, en voyant se lever la personne concernée, le handicap qui l'a poussé à venir requerir une aide médicalisée. Beaucoup de jambes raides, quelques bras pendant et un oeil apparemment douloureux. On vit tout de même dangeureusement, chacun porte en lui les stigmates d'une campagne mal négociée, tout le monde a son Chemin des Dames à lui, plus ou moins glorieux. Nous avons le temps de les voir défiler nos conscrits, puisqu'une fois l'étape de l'arret au secrétariat franchie, nous avons compris que la notion de rendez vous ne voulait plus rien dire, c'est l'ordre d'arrivée qui détermine l'ordre de passage. 
Mon petit Maxime aura une heure trois quart pour empiler les 5 cubes entassés dans le coin de la pièce, ou bien faire rouler la voiture à trois roues en plastique déformé. Très vite le jeu ne l'amuse plus, il entreprend alors une chorégraphie effrénée faite de course en avant, de saut sur les chaises, de galipettes mal maitrisée, un peu comme un joueur de foot qui viendrait de marquer une série de vingt-cinq buts d'un seul coup. 
Cela aura au moins le mérite de détourner le regard des autres du poste de télé, perché en haut de la pièce, qui retransmet en direct la séance hebdomadaire de discussion à l'Assemblée Nationale. En littérature on pourrait appeler cela le champ lexical du malheur. Des gens blessés à qui on retransmet les débats de l'Assemblée Nationale. Est-ce pour les inciter à ne plus revenir, eux qui pour la plupart étaient persuadés qu'il n'y avait qu'une seule chaine dans cet appareil servant à retransmettre les images de caméras placées chez Lagaffe et Dechavanne. Ou bien au contraire est-ce pour leur faire comprendre qu'il y a toujours plus malheureux qu'eux, des êtres empêtrés dans des costumes mal taillées au cou gonflé par des cravattes trop serrées, se tapant sur le ventre systématiquement lorsque la voix provient de l'autre coté de l'hémicycle, voila ce qu'ils auraient pu être, alors leur petit bobo sera bien vite réparé et ils pourront tranquillement retourner vaquer à leurs occupations. (Oui, les politiciens ont le don de m'énerver en ce moment, mais cela ne va pas durer, et il en existe des biens tout de même).
Enfin c'est notre tour, le médecin arrive du fond du couloir, je me tiens près de la porte de la pièce où ils ont demandé à ma fille d'attendre, après lui avoir retiré son plâtre, pour connaitre l'avis du médecin. Il passe devant moi sans me voir entre dans le cabinet de soin et me claque la porte dans le museau. Moi j'aurai bien aimé, un peu plus de tendresse, ou alors un sourire ou bien avoir le temps, mais... Au suivant, au suivaaaannt....
Toujours est-il que nous sommes ressortis, près de 2 heures plus tard, et ma petite princesse avait un scrap à la place du plâtre, pour "ne pas prendre de risque" comme a dit le médecin.
Nous allions regagner notre véhicule avec un soulagement bien compréhensible pour tout ce petit monde ahuri par ce confinement stérile. Lorsque la secrétaire de l'accueil nous hèle vaillamment :"Attendez messieurs dames, vous n'avez pas réglé !!". Nous somme surpris par cette quête, nous vous avons présenté toute notre panoplie de carte, sécurité sociale, mutuelle, opposants à la décharge sur la Remuée (Non je déconne elle n'existe pas encore), comment se fait-il que nous devions vous régler quelque chose. "Mais parce que vous aviez rendez-vous, vous devez régler une consultation". Alors nous avons bien sur payé les 31 euros dûs mais à cet instant tout est devenu plus clair dans mon esprit. 
L'ampoule qui s'allume, l'étincelle qui jailli des cailloux qu'on frotte depuis deux heures, la formule aboutissant à une longue série d'équations posée. Ce n'est pas une quête mais un racolage. Le trou béant de la sécu s'éclairait par le fond, j'y voyais le 4X4 porsche de ce fameux toubib, ses vacances à Courchevel, la villa dans le sud, les réceptions mondaines autour de la piscine familiale. Tout cela en posant sur un papier une date et une heure pour un rendez vous bidon. Il ne signifiait pas d'être à l'heure, mais de ne pas oublier son chéquier. Ils mendient en milieu hospitalier, en toute légalité, avec mépris pour leurs donneurs. Tiens plutôt que de voir cela, je préfère encore me casser un bras... Euh bah non papa, c'est déja fait !!

 

 

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